Tu es là …tu dors calme et serein…
Pour t’emmener là …
J’ai encore souvenance de mes combats…
Le sort en sort te prenait à moi…m’emboitait la vie , le bonheur ,le pas…
Ma rivale en sang, pute en cavale …te saisissait, t’atterrait, t’enjambait…
Mon instinct en bond, soldat sans amont ni aval …inventait prières à ton chevet…
Le sort me giflait…monstre sans voix…empochait mon silence…brouillait mes voies …
L’heure grave à la trêve sans résignation ni reddition sonnait sourdement les glas…
Je rangeais mes jalousies, mes rancœurs en douleurs, de tes nuits folles hérésies…
Mon amour, en nostalgie de nos mots et nos senteurs, l’emportait sur mes tragédies …
Du haut de ses falaises il retoisait ces vagabondes rivières en crue sorties de leurs lits…
Inondant les champs travaillés à sueur, à sang, à prix d’années longues de deux vies …
Courage ! Courage !
Que me soufflait des cieux cette voix sirène mélodieuse et puérile…
Celle de mon cœur aussi l’accompagnant en chœur craignant ton péril …
Je regravissais à travers nos tourments et nos peines les marches de la vie…
Téméraire sans folie, le courage en défi, j’affutais en lame, âme, corps et esprit …
Mes larmes sans armes refoulées au répit, réserve de mes blessures, de mon dépit,
Dormiraient au col des montagnes de ma passion dans les vallées de ma volupté,
Attendant de se réveiller au-delà de mes tristesses grâce à tes baisers tes touchers,
Pour revivre encore et encore rosée en argent rosée en or sur nos corps passionnés déportés
Loin des rivières monstrueuses de jalousie loin des fièvres au gout aigre de ta maladie
Courage ! Courage !
Pour des nuits longues douces et complices, encore à venir en lisse, sans pleurs ni fatalité
En guerrière sans cheval ni armure ni étrier je m’en suis allée l’esprit serein le cœur rebelle
Décidée de me franchir, de mener les assauts, le courage en mains l’âme fidèle…
T’affranchir de ces maux de ces douleurs qui te logeaient profondément dans l’abime,
Te hisser à force d’amour, hisser ton corps, taire tes gémissements te faire ressurgir en cime
Talentueuse au rythme de nos souvenirs d’ébats, de nos mots, de mes doigts de fée,
Je courtisais, silencieuse, prostrée sur ton corps, tes brulantes fièvres sur notre lit défait…
Je promenais mes lèvres douces de ton front en sueur jusqu’à la pointe de tes pieds,
Je défaisais ma honte, insufflant sur tes chaleurs les brises bienfaisantes de mes fraicheurs,
Mes sens te cherchaient dans tous les sens, voltigeaient sur toi comme des oiseaux d’hiver…
Courage ! Courage !
Je déployais sur ton corps abandonné, mon culte non dévoilé de ces vertus longtemps tues…
Ces belles tigresses retenues captives en laisse, rêvent en trêve de rêve, d’être en toi vécus …
Et j’affrontais ton mal, en mal de ne plus pouvoir te faire plus de mal, il cédait, il trépassait
Et voltigeaient mes oiseaux d’hiver, dans ce camps d’enfer, doux régiment en guerre,
Assaut après assaut, conquêtes sans défaites, sans tranchée de retrait autre que mon cœur
Je te ressentais revivre, répondre à mes gestes ivres, je triomphais, mon cœur se desserre…
Tes yeux s’ouvraient à nouveau sur moi, des éclats miracles en mille et une lumières…
Tu reprononçais mon prénom sur tes lèvres, tu reconnaissais l’empreinte de mes ardeurs…
Tu souriais, j’en pleurais, taquineur tu clignais de l’œil en soufflant : courage ! courage !
1 commentaire:
ce poème a été inspiré par pure imagination sur un thème proposé ailleurs sur le courage...je lui donne ici le titre d'un ancien texte qui m'a beaucoup marqué pendant ma scolarisation "tu es là".
yasmina attafi
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