dimanche 23 mars 2008

L'horloge




Je suis là…
Les aiguilles de l’horloge me fascinent…
Indifférentes depuis la nuit des temps, elles continuent leur périple infernal…
Dieu qu’elles me fascinent !!!
Oui …voilà deux petites choses fragiles qui ne cessent d’avancer…tout le temps…jamais à reculons …
Avant ce matin, leur tic tac m’énervait…tant il me donnait l’impression de devoir quelque chose qu’il me fallait tout le temps rembourser…
Sans doute le temps de ma vie à rembourser au temps…
Mais ce matin, je me sens vide…
De ce vide qui engloutit tout et qui donne la force…sans doute l’indifférence …
Mon siège et moi ne faisons qu’un …même que je ne cherche plus à savoir qui est la continuité de l’autre…
C’est de moi-même que je me sens tout à coup détaché…
Je m’observe…Je souris en pensant qu’il était temps…que je m’observe… face aux aiguilles de l’horloge…
Un exercice d’endurance qui rappelle la torture…
Le silence a donc un son…Ce tic tac…c’est le temps…Il n y a donc pas de silence absolu…
Interfèrent devant mes yeux des images…les épisodes d’une vie…ma vie…
Ce fut donc ma vie !...Toute ma vie !!!...Ce fut donc si court malgré tout ce que j’ai vécu !!!
Je me vois vieux, ridé, déformé, fourbu …pourtant ce n’est qu’hier que je suis né…
Ma vie est vite…ma foi trop vite passée…
La mienne seulement ou celles des autres aussi ???
Dieu que c’est court une vie !!! Tellement court !!! Et moi qui me sens pris à court et tout trahi !!!
Je n’ai pas fait ceci…
Je n’ai pas fait cela…
Je n’ai pas fait tant de choses !!! la vie, chienne qu’elle est, m’a occupée par autres choses…mince alors !!! Elle m’a eue !!!!
Comment ai-je pu être aussi aveugle !!!
Et ces épées de l’horloge qui sapaient ma vie !!!
Sans doute ai-je rêvé ???
J’aurais pu faire autrement…j’aurais vécu autrement …oui oui je le pouvais …j’aurais du…j’aurais pu être plus indulgent quand ….moins exigent quand …plus audacieux quand….moins têtu quand…fidèle à …j’aurais pu combler et être en retour comblé…
J’aurais pu être moins bruyant et entendre parler le silence insidieux du temps…
Oui …j’aurais du m’attarder sérieusement sur cette horrible et affreuse chose que j’accrochais crédulement au mur…
Le temps ne me perdait pas de vue…et après les rides voilà les maladies qui s’installaient insidieusement en moi comme des rats empestés…
Mais je ne voyais pas…je me refusais de croire à ces changements qui s’opéraient délibérément en moi…je résistais…je courais à droite et à gauche…je me perdais dans les tumultueuses foules…dans les lumières interférées …les bruits assourdissants…
Je courais et je courais et je courais mais le temps me rattrapait…me traquait…
Ce matin je n’ai plus envie de courir…ni de me cacher…ni de me réfugier…
Le temps me tient et je ne me débats plus…
Je cède…
Oui j’ai bien vieilli …et c’est bientôt la fin.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Mes cheveux blancs ne diraient pas le contraire.
C'est si vrai tout ça.
Bravo Yasmina.